+0,36% pour les uns, -7% pour les autres : polémique autour des chiffres de la rentrée
Les pronostics vont bon train, c'est la foire aux chiffres pour cette rentrée scolaire 2008. Un peu déboussolés, les indicateurs des principales associations familiales pointent dans toutes les directions: baisse de 7% pour les uns, hausse de 0,36% ou même de 3% pour les autres, difficile de savoir à quoi s'en tenir dans ces conditions. Et ce d'autant que dans le détail, attention, prudence. Car vues à la loupe, toutes ces études sont à prendre avec des pincettes. Décryptage.
Confédération syndicale des familles
On commence avec le dernier rapport en date, celui de la Confédération syndicale des familles, pour qui le coût de la rentrée, en hausse de +0,36% par rapport à 2007, doit rester quasiment stable cette année. Si les résultats semblent à première vue plutôt cohérents, hausse des prix et baisse du pouvoir d'achat oblige, dans le détail, il faut rester attentif.
On constate tout d'abord que l'enquête -réalisée par 220 familles de la CSF dans 32 unions départementales tests, sur 87 produits- a été menée en "fonction de leurs habitudes de consommation", et non des prix les plus bas. Ce qui, en soit, constitue une variable importante, car très influencée par le niveau de vie des familles concernées.
Par ailleurs, parmi ces 87 produits, on retrouve bien sûr les fournitures, le cartable, l'équipement spécifique (notamment dans les voies technologique ou professionnelle), mais aussi, et c'est un détail d'importance, les manuels, les dictionnaires et l'équipement sportif. Des éléments normalement pris en charge par certains établissements scolaires et dont on ne peut faire une généralité. Prudence donc.
Familles de France
Du côté de Familles de France, c'est l'inverse. L'association avait annoncé la semaine dernière une baisse du coût de la rentrée de 7,67%, la première depuis 24 ans, en dépit de la conjoncture peu favorable. Premier constat : pour cette étude, dont on ne sait pas combien de personnes y ont participé, seuls 46 produits ont été testés, ce qui reste relativement faible.
Deuxième chose, le rapport inclus dans les frais de rentrée le coût des vêtements, et notamment ceux de sport. Pour résumer le problème de manière un peu simpliste, est-ce à dire que si les enfants n'allaient pas à l'école, leurs parents ne leur feraient jamais faire de sport? Et ainsi ne les équiperaient pas en baskets et autres survêtements?
Enfin, dernier point, pour expliquer cette baisse, Familles de France invoque un comportement plus prudent des parents (éviter les marques par exemple) mais aussi la fameuse 'liste Darcos', à partir de laquelle les enseignes les plus importantes de la grande distribution se sont mis d’accord pour bloquer les prix de certains articles. Si l'initiative a certainement un impact non négligeable, on relève également que c'est également Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, qui a remis le 11 juin 2008, les insignes de chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur au Professeur Henri Joyeux, également Président de Familles de France.
Quant aux chiffres avancés par l'Union des familles laïques, petite association qui a constaté une hausse "d'environ 3%" du coût de la rentrée, ils sont encore plus flous. Car pour cette étude, un simple "panel d'une quinzaine de fournitures scolaires et de vêtements" a été testé, ce qui reste très insuffisant pour établir une moyenne fiable.
Moral de l'histoire : pour s'épargner un tel casse-tête à l'avenir et savoir quoi penser, peut être faudrait-il établir une fois pour toute une méthodologie claire de ce que sont les principaux postes de dépenses de la rentrée...
Source :
Familles de France : Résultat coût de la "Rentrée Scolaire 2008
CSF : Coût de la Scolarité 2008
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des Français brident leurs achats pour faire face à la hausse des prix








