tour ... les
Français et les
municipales
44% des électeurs votent pour la gauche
J-2, le coup d'envoi des municipales n'est plus qu'à quelques heures. Effervescence et fièvre chez les candidats, les pronostiques vont bon train. Reste maintenant à vérifier si les résultats anticipés par le prophète Sondage, particulièrement favorables à la gauche, vont se concrétiser. Parce que depuis quelques temps, on jubile ferme dans l'opposition. Frasques présidentielles, situation économique lourde, mesures impopulaires... le gouvernement cumule les malus et fait le lit de la gauche. Selon une ultime enquête CSA pour le Parisien du 7 mars, 44% des Français voteraient en faveur de l'opposition au premier tour de ces municipales, que d'aucun cherche à transformer en vote pour ou contre le gouvernement.
La droite dépassée
Aux dires de l'étude, la gauche, qui dirige actuellement 170 villes de plus de 20.000 habitants contre 220 pour la droite, est donc plébiscitée par plus de 2 Français sur 5 (moins 1 point par rapport au 20 février). Bien qu'ayant enregistré un léger mieux (41% contre 39%), l'UMP reste donc dans une situation difficile.
Dans les couloirs de l'UMP, l'atmosphère n'est pas vraiment à la franche rigolade, et pour cause: Vingt-deux ministres et secrétaires d'Etat se présentent aux municipales et certains semblent menacés, comme le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, à Périgueux, ville dont il est maire, et la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, à Colombes, en banlieue parisienne, où elle n'est pas tête de liste. Rien à voir avec les précédentes élections de 2001 où, malgré la perte de Paris et de Lyon, la droite pouvait tout de même se reposer sur la prise d'une quarantaine de villes de plus de 20 000 habitants.
Vote de sanction
Changement de scénario en 2008: si la gauche semble partie
pour conserver Paris, Rennes, Lille et Lyon et enlever Strasbourg à
la droite, cette dernière serait heureuse de garder des villes
comme Marseille, Toulouse et Bordeaux.
Le bilan n'est pas très
flamboyant, alors au sein de la majorité, on tente de garder
bonne figure, de rassembler les troupes, sans trop
convaincre pour autant... L'UMP -qui dirige environ 55% des 230 villes
françaises de plus de 30.000 habitants- se contente de limiter les dégâts, insistant sur
l'importance des "enjeux locaux" pour contrer la
menace d'un vote anti-Sarkozy. François Fillon soutient ses
«amis» dans les villes où ça n'est
pas «gagné d'avance», pendant que le
secrétaire général l'UMP, Patrick Devedjian,
déclare avoir envie de «faire mentir le manège
fou des sondeurs.» Et d'ajouter: «Je crois qu'on
peut y arriver. L'UMP espère conserver les grandes villes que
la majorité détient déjà».
Rien n'est joué, mais la bataille semble bien mal engagée pour le majorité. Et ce d'autant plus que si la dimension locale du vote semble rester prépondérante, un sondage Ifop du même jour indique toutefois qu'ils sont de plus en plus nombreux à avoir l'intention d'exprimer leur ras-le-bol du gouvernement par les urnes.
Sondage exclusif CSA-DEXIA pour EUROPE 1 / LE PARISIEN / AUJOURD’HUI EN FRANCE réalisé par téléphone les 4 et 5 mars 2008 au domicile des interviewés.
Echantillon national représentatif de 804 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales des communes de plus de 3500 habitants, issu d’un échantillon national représentatif de 1011 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération et d’un sur-échantillon de 240 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales des communes de plus de 3500 habitants.
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