Les Français face aux réformes
Un an après l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, les turbines du gouvernement tournent à plein régime, la machine à réformer est en marche : marché du travail, concurrence, éducation-recherche, institutions, santé, suppression de la publicité sur les chaînes publiques, relèvement et assouplissement de la participation, changement complet de gouvernance de l'hôpital, Grenelle de l'environnement ... Les chantiers se multiplient, Nicolas Sarkozy s'affiche comme "l'homme des réformes" qu'il avait promis d'être ... sans parvenir à convaincre pour autant.
L’avalanche de mesures, vécue comme une fuite en avant, affole. Depuis l'hiver, les cortèges de manifestants se succèdent et laissent craindre une recrudescence de mouvements sociaux. L'inquiétude gagne jusque dans la camp de la majorité où de plus en plus, la grogne se fait entendre chez les députés. La confiance s'étiole, le mécontentement grandit. Arrêt sur images.
38,1% en 2008 : le taux d'emploi des 55-64 ans est trop faible
Cinq ans après la réforme Fillon sur les retraites, le bilan d’un de ses objectifs phares – repousser le départ à la retraite – est en demi-teinte, selon une étude de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), parue en juin dans la revue Retraite et Société. Explications.
En 2008, le taux d'emploi des 55-64 ans est de 38,1%, pour un objectif fixé à 50% en 2010 par la Commission européenne. L’âge moyen du départ à la retraite a même baissé depuis 2003, passant de 61,4 ans à 60,7 ans. Une "baisse" que l'étude attribue "principalement au succès remporté par le dispositif de retraite anticipée" qui a contre toutes attentes attiré plus de 100 000 personnes par an depuis 2004.
"Aucune modification
de comportement en matière de prolongation d’activité"
Mis en place pour encourager les seniors à continuer à travailler, la surcote (majoration progressive de la pension pour ceux décidant de travailler alors qu’ils ont cotisé suffisamment pour avoir une retraite à taux plein), point phare de la réforme, n’aura ainsi pas eu le succès escompté. En 2007, 7,6% des assurés du régime général bénéficiaient de cette mesure, alors qu’en 2003, avant la réforme, 7% continuaient à travailler, sans bénéfice toutefois. "il semblerait que la surcote n’ait engendré aucune modification de comportement en matière de prolongation d’activité", soulignent les auteurs du document. Ce faible attrait s’explique par la réticence des employeurs, la large méconnaissance de ce dispositif (un salarié sur deux seulement en a entendu parlé) et le faible taux d’emploi des 60-64 ans (inférieur à 20% depuis 1990).
"Effets limités"
Quant à l'assouplissement du dispositif de retraite progressive, qui permet aux personnes de plus de 60 ans de travailler à temps partiel tout en touchant une partie de leur retraite, il reste très marginal : seulement 758 personnes sont concernées en 2007, contre 673 en 2003.
Enfin, la réforme du "minimum contributif", qui permet aux personnes ayant travaillé longtemps mais avec de faibles salaires de toucher un retraite minimale dans leur régime de base présente des "effets limités". Les pensions n’ont augmenté que de 2 à 3% depuis 2003.
Voilà qui ne va pas arranger les problèmes de dos de François Fillon.
Crédit photo: KB35 (Flickr)
1 opinion-
gudule34070, 27 juillet 2008 à 05:36
OUI à la possibilité de partir avec une proportionnelle décente dès 55 ans avec 35 annuités de cotisation... Il y a l'argent pour celà... Il y a l'Argent !























