Les Français face aux réformes
Un an après l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, les turbines du gouvernement tournent à plein régime, la machine à réformer est en marche : marché du travail, concurrence, éducation-recherche, institutions, santé, suppression de la publicité sur les chaînes publiques, relèvement et assouplissement de la participation, changement complet de gouvernance de l'hôpital, Grenelle de l'environnement ... Les chantiers se multiplient, Nicolas Sarkozy s'affiche comme "l'homme des réformes" qu'il avait promis d'être ... sans parvenir à convaincre pour autant.
L’avalanche de mesures, vécue comme une fuite en avant, affole. Depuis l'hiver, les cortèges de manifestants se succèdent et laissent craindre une recrudescence de mouvements sociaux. L'inquiétude gagne jusque dans la camp de la majorité où de plus en plus, la grogne se fait entendre chez les députés. La confiance s'étiole, le mécontentement grandit. Arrêt sur images.
7 Français sur 10 contre la nomination du patron de France Télévision par l'éxécutif
Patrick de Carolis doit se frotter les mains. La bataille sur la réforme de l'audiovisuel public qui l'oppose à Nicolas Sarkozy fait des vagues, et au vu des résultats d'un sondage CSA-Le Parisien-Aujourd'hui en France, le vent souffle dans sa direction : déjà hostiles aux propositions du chef de l'Etat sur la question, plus de 7 Français sur 10 sont opposés à la nomination du patron de France Télévisions par l'exécutif.
'Berlusconianisation'
Visiblement très attachés à l'indépendance des chaînes publiques, inquiets d'une reprise en main politique ou d'une éventuelle 'berlusconianisation' du secteur, très peu semblent ainsi suivre la logique présidentielle (18%). Car en présentant le rapport de la commission Copé sur la refonte des télévisions publiques, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de mettre fin à cette "hypocrisie" qui consiste à faire nommer le patron de France Télévisions par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuelle). Pour le président, celui-ci doit être désigné directement "par l'exécutif après avis conforme du CSA, et sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle". "Les choses doivent être claires : il y a un actionnaire, cet actionnaire nomme le président", a-t-il martelé.
Scandale, tollé et fureur...l'opposition se braque, les syndicats de France Télévisions dénoncent un retour en arrière digne des années de l'ORTF, les organisations de journalistes tapent du pied. Le plus remonté : Patrick de Carolis, l'actuel patron de France Télévision, qui s'insurge contre le jugement "faux, stupide et profondément injuste" que porte Nicolas Sarkozy sur les chaînes publiques. Son mandat court normalement jusqu'à 2010, mais l'Elysée a indiqué la semaine dernière que la nomination d'une nouvelle équipe à France Télévisions était envisagée "à l'issue de la réforme". La situation s'empoisonne.
Désavoeu
Bilan : avec plus de 70% des Français qui rejettent la proposition tout net, c'est toute la réforme de l'audiovisuel public qui est remise en question. Depuis que Nicolas Sarkozy a décidé, en janvier, la suppression de la publicité - après 20 heures à partir du 1er janvier 2009 et toute la journée fin 2010 - les Français ont montré leur désaccord à maintes reprises, notamment sur les nouvelles formes de financement de France Télévisions prévues par la commission Copé.
Preuve que le sentiment se généralise : alors que Nicolas Sarkozy trouvait un certain soutien chez ses partisans il y a encore quelques mois, la règle n'est plus vraie aujourd'hui. A l'heure actuelle, un sympathisant sur deux s'oppose à la désignation du patron de la télé publique par l'exécutif. Ce qui va compliquer encore la tâche des députés et sénateurs UMP, la loi sur l'audiovisuel étant examinée à l'automne. Il faudra encore attendre pour savoir si le projet de réforme sera modifié.
Crédit photo : Luc Van Braekel (Flickr)
interrogées les 2 et 3 juillet 2008. Echantillon national représentatif de 1001 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Source :
1 opinion-
james santos, 16 juillet 2008 à 21:19
C'est bien la mainmise sur les chaînes publiques par le pouvoir politique.
Où vas tu, douce France?























